Zones humides dans le Gard


Écrit ou actualisé le 1 février 2021 - Publié, le : - Catégorie(s) : Zone humide
La Camargue

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Qu’est-ce qu’une zone humide ? C’est un terrain qui est habituellement inondé ou gorgé d’eau. Cette profusion d’eau peut être permanente ou seulement temporaire.

▶  Comment les reconnaître ?
Hors des périodes où l’eau est afflurante, il existe deux autres indices pour repérer les zones humides.
• Sur les terrains sauvages, seules des plantes adaptées à l’excès d’eau peuvent se développer.
• Si la zone humide a été retournée (exploitation, culture), les caractéristiques végétales ne sont plus évidentes à repérer, mais la zones humide est là. Dans ce cas, il faut chercher à observer le sol ou un carottage du sol et tenter de déterminer si le terrain se caractérise par un engorgement du sol par l’eau temporaire ou permanent, pouvant alterner avec des périodes de sécheresse.

Le Conseil Général du Gard a mené ces dernières années un travail conséquent d’inventaire et de caractérisation des zones humides. Au total, 147 zones humides d’une superficie supérieure à 1 hectare ont été recensées et caractérisées de manière très précise.

▶ Au total, 8 typologies de zones humides ont été recensées :• bordures de cours d’eau (3 000 ha recensées sur le département),• gravières (500 ha),• marais agricoles (25 000 ha),• lagunes (15 000 ha),• zones humides ponctuelles (100 ha),• marais saumâtres (8 000 ha),• plaines alluviales (30 ha),• et enfin, une spécificité méditerranéenne : les mares temporaires.Le département possède également un réseau de mares temporaires méditerranéennes. Il a été recensé un grand nombre de mares qui accueillent des espèces animales et végétales exceptionnelles.

L’intérêt des zones humides

Les zones humides sont d’intérêt général. C’est pourquoi il est indispensable de les préserver et, si possible, de les restaurer. Ces territoires sont des milieux naturels essentiels et constituent un enjeu majeur de la gestion de l’eau et des territoires à l’échelle des bassins versants grâce aux fonctions présentées ci-dessous.

Un refuge pour la biodiversité : Ces espaces rassemblent un patrimoine naturel remarquable tant floristique que faunistique. De nombreuses espèces y sont inféodées. On considère que 50 % des oiseaux d’eau dépendent directement de la présence de ces biotopes.

Des fonctions économiques, culturelles et récréatives : l’homme peut valoriser les zones humides sans les dégrader : pratiques agricoles adaptées, aménagement de platelages pour accueillir des visiteurs, autorisation de chasse raisonnée, etc.

Un pouvoir épuratoire de l’eau : les microorganismes vivant dans le sol ou fixés sur les plantes participent à la rétention et à l’élimination des polluants. Les battements de nappes phréatiques ont également une vocation épuratrice puisqu’ils entraînent un processus de dénitrification.

Un rôle tampon de crues et d’étiages : en agissant comme éponge, les zones humides se gorgent d’eau en période de pluie, évitant ainsi des pics de crue dans les rivières et de graves inondations. En été, elles restituent l’eau, assurant ainsi un débit minimum à la rivière.

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Les cours d’eau dans le Gard

LES MENACES

Ce n’est que depuis les années 70 que l’on reconnait l’importance des zones humides. On considère que leur surface a diminué de deux tiers durant le 20e siècle. Il est donc urgent d’agir. Les causes de ces dégradations sont principalement dues à la réalisation de travaux d’assèchement (drainage, enfoncement des cours d’eau), de remblais au profit de l’urbanisation, de certains modes d’agriculture, de pollutions (agricoles, urbaines…). Les conséquences en sont dramatiques puisque les populations de batraciens et autres espèces spécifiques à ces milieux disparaissent, et la qualité et la quantité de la ressource en eau sont considérablement déséquilibrées. La situation est donc critique, et il est du devoir de chacun de réagir pour tenter une reconquête de ces espaces remarquables.

LA SAUVEGARDE DE CES ZONES

La réglementation en vigueur :

Les travaux d’assèchement, de drainage, l’imperméabilisation, les remblais, la création de plans d’eau font l’objet d’une réglementation. Ils sont soumis à déclaration ou à autorisation selon l’importance des travaux. Des réglementations supplémentaires peuvent exister dans le cadre des plans de gestion.

Des prescriptions peuvent être énoncées par un SAGE. Des servitudes peuvent également être instaurées et interdire le drainage et le retournement des prairies.De plus lorsque la réalisation d’un projet conduit à la disparition ou à altération d’une zone humide le SDAGE RMC préconise la remise en état d’une surface de zones humides à hauteur de 200 % de surface perdue.

Que faire dans les zones humides : trois principes d’intervention

• Protéger

Cela concerne les zones humides qui ont conservé toutes leurs fonctions et qui sont en parfait état. Il s’agit alors de tout faire pour que rien ne vienne les altérer.

• Restaurer

Il est parfois possible de rétablir la fonctionnalité de zones humides dégradées, par le biais de travaux (évacuation de dépôts, recul de digue, etc.). Mais il suffit souvent de changer les modes de gestion, de cesser certaines formes d’entretien et d’attendre que certains équilibres se rétablissent.

• Compenser

Cela concerne les cas où un aménagement indispensable et d’intérêt général peut s’avérer dommageable pour une zone humide. Il faut alors étudier toutes les mesures possibles de compensation, afin d’atténuer et de limiter les effets négatifs (façon de mener les travaux, saison à laquelle ils seront faits, etc.). Cette solution doit apparaître comme le dernier recours possible !

▶ Qui peut agir ?

Les services de l’Etat : la MISE (Mission Interservices de l’eau) regroupe tous les services de l’Etat qui interviennent directement dans le domaine de l’eau (DREAL, Agence de l’eau, ONEMA, DDTM, etc.)

Le Département par son partenariat avec les Syndicats de Bassin Versant mais surtout sa politique en faveur des Espaces Naturels Sensibles (ENS) et la Taxe Départementale des Espaces Naturels Sensibles (TDENS) peut accompagner les communes à créer des zones de préemption et par la suite les aider ainsi à acquérir financièrement les parcelles.

Le maire par le biais du document d’urbanisme (PLU) de la commune, peut identifier les zones humides et y associés un règlement spécifique. Des acquisitions foncières peuvent être menées (à l’amiable ou par substitution au droit de préemption des ENS détenus par le Département). Il peut également procéder à l’exonération fiscale de la taxe foncière pour les propriétaires mettant en œuvre des actions de préservation des zones humides. • Les riverains et usagers : ils sont tenus de respecter la réglementation. Il est fortement conseillé de se renseigner auprès des services de l’Etat (DDTM-MISE) avant tout projet d’installation, de travaux ou d’ouvrage menés en zone humide

CONTACTS:• Conseil Général du Gard : Tél. : 04 66 76 52 16• Agence de l’eau RMC : Tél. : 04 26 22 32 00 et http://sierm.eaurmc.fr/zones-humides/index.php• DDTM : Tél. : 04 66 62 63 61• DREAL : http://www.languedoc-roussillon.developpement-durable.gouv.fr/cartes-et-donnees-r504.htm

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